L’historienne Florence Grivel a défini ce processus de décomposition/reconstitution de l’instant : « Afin de restituer la majesté de cet instant, Cedric Bregnard fabrique un nouvel espace sensoriel assemblant plusieurs séquences issues du même endroit. Patiemment, l’artiste recompose l’unité de ce paysage à coup de fragments. Il sculpte la matière de telle façon que le spectateur se sente invité à y entrer. Le théâtre du monde se joue dans un espace-temps qui ne dépend pas des hommes. Précipité des cycles du vivant. Alors peut se développer l’autre possible de son travail. Retour aux graines. À force de s’en approcher, de rendre compte de leurs prodigieuses facettes, l’artiste s’éloigne de leur empreinte naturaliste pour basculer à l’intérieur d’elles. Par un procédé ( lequel ?), voilà que ces semis se départissent de leurs spécificités, couleurs, et transparences, ils se sont mués en organismes tridimensionnels, cellules jaunes et bleues projetées dans la caverne de Platon. (Extrait article « Précipité des cycles du vivant », Florence Grivel)

Dans ses photographies, la transversalité des cycles de la nature et ceux de l’homme se conjuguent et nous renvoient aux questions de l’infiniment grand et l’infiniment petit, à celle de nos traces, des empreintes que nous laissons sur notre passage sur terre.

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